"Sois sans crainte !"
Tel était le thème proposé par l'Eglise de France cette année pour le dimanche de la santé.
Voici quelques témoignages donnés lors des célébrations sur la paroisse Jean XXIII. Des personnes sont venues dire en toute simplicité, ce qu'elles vivent, leurs peines, leurs joies et leur
espérance. Elles nous impressionnent ! Et elles nous posent la question : "Où trouvent-elles la force qui les anime ? Jésus est-il celui qui leur permet d'espérer, de tenir bon, d'avancer coûte
que coûte ?".
Ginette : « J’ai eu la polio quand
j’avais 18 mois. A l’époque il n’y avait pas de kiné ! Mon papa a décidé de me faire lui-même ma rééducation. Ça me faisait très mal mais j’ai pu remarcher. Quand je suis allée à l’école,
c’était difficile de supporter le regard des autres enfants. Arrivée à l’âge adulte, j’ai travaillé dans une entreprise jusqu’en 2004 et j’ai été licenciée. J’ai fait une demande pour obtenir une
pension. On m’a dit que je n’étais pas assez handicapée. J’ai cherché quelques heures de travail, mais on m’a dit : 'il n’y a pas de travail pour vous : ce n’est pas la peine de
revenir'. En me disant çà, la dame avait l’air gênée et j’ai compris que c’était à cause de mon handicap. J’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de chercher du travail toute seule.
Maintenant je travaille un jour par semaine chez un monsieur de 80 ans. Il vit seul et il est aveugle. Il me parle beaucoup, il est content d’avoir de la compagnie. Il me
dit : « Le mercredi, je ne vois pas le temps passer ». La veille, je lui fais des gâteaux. Je le gâte parce qu’il est encore plus handicapé que moi. Tout ce que je fais, je le
fais avec mon cœur. »
« Je suis déprimée, dit ... » : « Souvent le matin, je me réveille très angoissée. Un matin, je me
sentais tellement oppressée que j’ai eu une crise de larmes. Je me suis tournée vers Dieu et je me suis adressée à lui à voix haute. J’ai dit : 'Jésus, je t’en supplie, parle moi. Je me sens
tellement mal, dis moi quelque chose.' On m’avait donné le petit livret 'Prions en Eglise'. Je l’ai ouvert au hasard et dans l’Evangile j’ai lu : 'Femme pourquoi
pleures-tu ?'. Cela m’a fait un choc. Je suis persuadée que c’est bien Jésus qui m’a répondu. Ce jour-là j’ai vraiment senti sa présence. »
Mélanie a 10 ans, elle fait ce récit : « Je vais vous raconter notre visite à la maison de retraite la semaine de
Noël, avec les enfants du catéchisme. Avant, nous avons fabriqué de nos mains des petits cœurs en papier avec des petites crèches dedans. Sur ces petits cœurs nous avons écrit ce que l’arrivée de
Jésus nous apporte : 'amour', 'joie', 'amitié' 'espoir'. A la maison de retraite nous avons chanté pour eux des chants de Noël et nous avons aussi chanté avec eux des chants de leur
jeunesse. Puis on nous a proposé de partager tous ensemble le goûter, à leurs tables. Cela nous a touchés. Nous avons accepté, on a discuté, on a rigolé et on a crée des liens... Puis nous leurs
avons donné nos cœurs en papier. Nous avons été heureux de cette rencontre avec les personnes âgées. Il y avait beaucoup de joie dans leurs yeux quand ils
ouvraient les petits cœurs et voyaient comment ils étaient décorés. Nous avons aussi offert des petits cœurs aux membres du personnel et nous sommes repartis pleins d' amour et de
joie. »
Ils nous parlent de leur enfant : « Cyrille, notre fils aujourd’hui décédé, a été souvent hospitalisé à Lyon pendant sa maladie. Nous nous sommes rendus à son chevet tous les jours. Il avait constaté que beaucoup
d’enfants, dans sa situation, n’avaient pas la chance de recevoir des visites. Cela a beaucoup attristé notre fils. Il nous a demandé que nous nous mettions bénévolement au service des malades et
de leurs familles. Actuellement, nous accompagnons un jeune garçon à Lyon trois fois par an. Sa maman est seule avec ses deux fils et n’ose pas prendre la route. Nous partons le matin et rentrons
le soir après les consultations. Nous avons également accompagné des adultes qui devaient visiter leur conjoint hospitalisé ou qui devaient subir des examens. Toutes ces actions concernent des
personnes qui n’ont pas de prise en charge pour les transports. C’est, pour nous, un engagement au service des malades. Cela nous donne aussi beaucoup de satisfaction. C’est notre façon de prier
et de vivre notre foi. »
Odile nous parle de son métier d'aide soignante
: « Je suis aide soignante dans une maison
de retraite depuis 6 mois. Ce qui a motivé mon choix de devenir une professionnelle de santé c’est de me mettre au service des autres. Ce qui est important pour moi, c’est d’apprendre à connaître
les résidents et de construire une relation de confiance. J’essaie de repérer les personnes les plus vulnérables. Dans la maison de retraite il y a des moments de joie : je pense à cette dame qui nous chante d’anciens tubes. Elle met
de l’ambiance, les visages s’éclairent et quelques uns reprennent en chœur. Nous aussi, personnel soignant, nous les stimulons, nous mettons de la vie. Mais, il y a aussi des moments
difficiles. Un jour nous avons dû courir après une dame qui fugue régulièrement. Je l’ai prise avec moi. Nous avons discuté puis elle m’a accompagnée dans les différents services que je
devais effectuer. J'ai partagé le reste de la matinée avec elle. Je l’ai vécu 'comme une grâce' : un lien s’est crée, un cœur à cœur. Une autre dame est très angoissée : quand je l’aide à se
coucher elle me dit sa peur de mourir. Alors je lui parle avec douceur. Je lui rappelle qu’elle tient une grande place dans sa famille, qu’autour d’elle il y a de l’amour, qu’elle est aimée et
qu’elle aime encore. Je lui prends la main, je lui caresse le visage. Elle me demande de l’embrasser. Alors je lui donne 'le baiser du soir'. Comme
professionnel de santé, je dois donner beaucoup ! Mais, en retour, je reçois énormément ! Bien sûr, j’aimerais passer plus de temps avec les résidents... J’essaie de leur donner le meilleur de
moi-même. Je tiens à respecter leur dignité car, pour moi, tout être humain est sacré. »